Autres Aventuriers Célèbres

Alain Bombard

Alain Bombard découvre la mer pendant les vacances d'été qu'il passe en Bretagne ou il apprend la navigation. Après ses études de médecine achevées il s'installe à Boulogne Sur Mer et quand un jour on lui amene alors qu'il est de garde, les corps de 21 marins morts dans le naufrage de leur chalutier, sa vie est changée, en effet il veut trouver des solutions pour augmenter les chances de survie en cas de naufrage.

Il commence par s'intéresser à la résistance à la fatigue, pour cela il n'hésite pas à traverser la Manche à la nage, il étudie de plus prés les canots gonflables. A l'institut océanographique de Monaco il analyse la composition de l'eau ainsi que le comportement des naufragés, il est persuadé que l'on peut survivre après un naufrage, avec un minimum de nourriture et surtout d'eau, qu'elle vienne de la pluie, des poissons ou d'eau de mer coupée avec de l'eau douce. Reste maintenant à prouver qu'il a raison et pour cela il ne va pas hésiter à tenter l'expérience lui même.

Il part donc de Monaco avec un volontaire Anglais, Jack Palmer, à bord d'un Zodiac, "l'Hérétique", doté d'une voile et avec pour seuls équipements : un sextant, un filet à plancton et quelques livres, à Tanger Palmer décide d'abandonner et Bombard repart seul vers les alizés, bientôt il se retrouve sans rien à l'horizon au bon vouloir du vent et des courants. Les premiers jours il se nourrit comme prévu : eau de mer et jus de poissons mais il devra attendre 3 semaines pour voir la pluie, petit à petit la peur de la crevaison, les diarrhées et la perte de poids l'affaiblissent, alors il fait signe à un cargo qui lui donne un oeuf, une pomme et quelques légumes à manger, mais il refuse d'abandonner car se serait donner raison à tous ses détracteurs.

La mer se déchaîne et l'oblige à écoper sans arrêt et toujours avec les moyens du bord : sa chaussure ou son chapeau les dernières semaines seront très dures mais il finira par touche terre à la Barbade le 23/12/1952 après 113 jours de mer et dans un état de santé déplorable et doit être hospitalisé.

De retour en France il est attendu par de nombreux journalistes et sa popularité augmente bien que certains doutent encore et le soupçonnent d'avoir triché, alors il fait des conférences, explique, décrit et met toute sa conviction pour convaincre. Aujourd'hui c'est chose faite, les radeaux de survie sont obligatoires sur les bateaux et Bombard reçoit toujours des lettres de naufragés qui ont survécu grâce à son expérience.

" Je ne suis ni un téméraire ni un casse cou, et j'ai prouvé par un test pratique que ma théorie était bonne " Alain Bombard.

Jean - Claude Berrier

Au terme d'une hasardeuse expédition à dos de mulets, Jean-Claude Berrier et ses compagnons sont les premiers Européens à filmer les cathédrales souterraines d'Éthiopie, encore presque inaccessibles à cette époque. Ils rapportent des images étonnantes sur ces mystérieux sanctuaires qui furent creusés dans le roc, au XIIe siècle, par des milliers d'esclaves noirs. Ils dévoilent pour nous les rites sacrés de l'Ancien Testament, des traditions hébraïques conservées presque intactes depuis plus de deux mille ans dans cette enclave chrétienne en pays noir.

Au retour de ce voyage, Jean-Claude Berrier reçoit en 1953 des mains du Président de la République, René Coty, le prix Liotard décerné chaque année à l'expédition la plus audacieuse ayant rapporté les documents les plus intéressants.
C'est cette aventure vécue en 1952 par six jeunes hommes que va retracer pour vous la première partie de ce récit qui vous entraînera ensuite dans le Kenya tel qu'il se présentait encore il y a quelques décennies.

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Marcel Isy - Schwart

La passion selon Saint Isy

Un hommage spécial a été rendu à un pionnier de la plongée: Marcel Isy-Schwart, 85 ans, dont 60 dédiés au monde sous-marin.

L'homme au collier en dents de singe ne peut pas faire un pas dans les allées du Palais des Congrès sans être salué, de droite à gauche. Au grand dam de ses interlocuteurs, il est sans cesse hélé et les conversations avec lui sont difficiles à soutenir. Cette année, Daniel Mercier l'avait nommé invité d'honneur et le samedi 2 octobre a été l'occasion rendre un hommage tout particulier à Marcel Isy-Schwart.
Sur la scène, il est aussi à l'aise qu'un célèbre présentateur du journal de 20 heures. Il a l'habitude de parler dans un micro et cela s'entend. Il a l'habitude du public et cela se voit. Maintenir l'attention de son auditoire ne lui pose aucun problème. Il a tellement d'anecdotes à fournir!
"Je ne sais pas par où commencer, attaque-t-il d'emblée. J'étais un cancre à l'école et le seul diplôme que j'ai jamais réussir à obtenir, c'est mon permis de conduire."

C'est la guerre qui va décider de l'orientation de sa vie. Au hasard de ses pérégrinations, pour échapper à la Gestapo et notamment à un officier qu'il a rossé à Paris, il s'est installé dans le sud de la France. Un fusil de chasse, reçu comme cadeau d'anniversaire pour ses 25 ans va lui permettre de découvrir le milieu sous-marin. Il chasse, il pêche, il se nourrit. Et un jour, il attrape un mérou de 80 kilos. Là encore, les circonstances vont se charger d'orienter sa vie. Un milliardaire Brésilien, qui l'a vu en photo dans un journal, lui propose de venir s'entraîner dans son pays "où il y a des poissons grands comme ça!!!"
L'homme n'est pas Marseillais, mais Carioca. Isy-Schwart brise sa tireline et se débrouille pour aller voir sous l'eau sont si les poissons sont aussi "gros que cela"....
Le 1er juillet 1951, il pêche dans la baie de Rio un mérou qui lui a demandé cinq heures de difficiles négociations aquatiques. L'animal pèse 178 kg. Le record du monde est battu et homologué et Isy-Schwart fait la "une" d'un grand hebdomadaire parisien à grand tirage. Il peut réaliser son rêve: "Passer un film salle Pleyel, comme les grands explorateurs de l'époque, Tazieff, Bombard"... Il se rend également en Amazonie, là aussi pour combler un rêve d'enfant "aller voir les Indiens dans les tribus amazones". Il séjournera à 29 reprises au Brésil, visitant les Indiens du Haut-Xingu et produisant le premier film sur la tribu des Txucuhamaës et sur leur chef Raoni, qui lui offrira un collier en dents de singe, qu'il porte encore à ce jour autour de son cou.

Beautés du monde

Conférencier pour le circuit "Connaissances du Monde", Marcel Isy-Schwart est aussi fondateur du club des Chasseurs Sous-Marins de France, membre de la société des Gens de Lettres et de la Société française des ex-recormdan du monde de chasse sous-marine. Toutes sa vie, il tournera des films dans des pays de rêve et les diffusera dans le circuit des cinémas, où il animera des conférences, restant proche du public.
Après le Brésil, la découverte de la Polynésie française va encore bouleverser sa vie. Il s'y rendra 26 fois, s'émerveillant toujours et encore des bouquets de fleurs odorantes qu'on trouve là-bas.
Un diaporama fut projeté, à l'issue de sa sympathique intervention parlée, regroupant ses diapos préférées, du Zaïre, où il fut chargé, par le Muséum d'Histoire Naturelle de Paris d'une mission d'entomologie, au Brésil en passant par d'autres pays africains. Les spectateurs présents dans la salle Spondylia eurent encore la possibilité de découvrir Tahiti, où il recommande chaudement à tout le monde d'aller "Les gens sont si gentils, les fleurs sont si belles..."
A 85 ans, il avoue encore avoir "des projets". Comme celui de regrouper ses films pour en faire des cassettes vidéo ou des DVD. Il prépare aussi un livre sur les colliers et couronnes de fleurs à Tahiti et les exemples de bouquets, fournis lors de la projection, sont tout à fait prometteurs. Il envisage enfin, d'organiser sur la Seine, à Paris, en plein mois d'août, un concours de pirogues tahitiennes, avec la présence des Grands Ballets de danse de Tahiti... "Brigitte Vanizette, ministre du tourisme à Tahiti, est enthousiasmée par le projet. Je suis sûr que cela va aboutir." Son énergie semble inépuisable. Nul doute qu'un jour, le territoire d'outre-Mer sera lui aussi un invité de marque du festival.**